Décryptage interculturel de la stratégie russe

La Russie ne peut pas rester indifférente face à la crise ukrainienne.
Mais comment va-t-elle réagir ?
 

Faut-il avoir peur de Poutine ? Intimidation ? Réelles menaces ?
Comment décrypter son discours ? Jusqu’où peut-il aller ?

Après un bref rappel historique, essayons d’envisager ces questions sous un angle interculturel pour mieux appréhender une situation complexe et explosive.

Une histoire mouvementée

La Russie et l’Ukraine : les frères ennemis

La Russie et l’Ukraine ont un passé tumultueux et passionnel qui révèle une forte interdépendance.

En 1933, Staline confisque les denrées alimentaires de l’Ukraine et provoque une "famine artificielle" qui a fait des millions de morts.
En 1954, la Crimée devient ukrainienne.
En 1991, le bloc soviétique tombe et l’Ukraine prend son indépendance.

Le gaz que la Russie vend à ses acheteurs occidentaux transite par l’Ukraine et la flotte russe est en Crimée.
 

On comprend à quel point c’est stratégique pour la Russie.
 

L’économie de marché : un nouvel enjeu pour la Russie

L’économie de marché en Russie existe depuis 20 ans seulement.

La Russie intègre l’OMC en 2012 et organise la prochaine réunion du G8 en juin 2014 à Sotchi où les Jeux Olympiques viennent de se terminer et où les Jeux Paralympiques commencent ce soir.
 

L'économie de marché est donc jeune et en devenir, mais la Russie est trop avancée dans cette dynamique pour faire demi-tour.

Poutine ne peut plus imposer à la Russie de vivre repliée sur elle-même et n’a plus les moyens militaires d’envahir des pays.
 

La crise ukrainienne : un défi majeur

Alors que les Jeux Olympiques révèlent une Russie majestueuse, la crise ukrainienne s’envenime, l’ex-président pro-russe ukrainien, Ianoukovitch, est renversé et fuit l'Ukraine.

Poutine ne reconnaît pas le nouveau gouvernement ukrainien qu’il considère comme illégitime car issu d’un "Coup d’État".
 

Notre éclairage interculturel

Poutine, le pouvoir "à la Russe"

En Russie, le rapport au pouvoir et à la hiérarchie n’est pas le même qu’en Occident.
 

Pour un Russe, un chef d’État, comme un manager en entreprise, se doit d’être fort, autoritaire, "d’en imposer".

La recherche du consensus est considérée comme une marque de faiblesse.
 

Cette "virilité" de comportement est beaucoup plus exacerbée qu’en France et ne choque pas les Russes, bien au contraire.

Fiers de leur pays, ils montrent plus de respect envers un chef d’État qui s’impose vis à vis des autres pays et défend l’image d’une Russie forte et puissante.
 

Poutine, ancien chef du KGB, met un point d’honneur à jouer cette partition et investit beaucoup de son énergie pour restaurer l’image de grande puissance de la Russie aux yeux du monde. Les JO de Sotchi en sont un bel exemple.

La crise ukrainienne est donc l’occasion pour lui de s’affirmer avec force.

Que faut-il entendre derrière ces mots ?

Tel un joueur d’échecs, Poutine calcule et peaufine sa stratégie.

Il affirme son autorité, montre sa puissance et intimide pour mieux gagner le respect.
 

Dans les affaires, c’est pareil : tout est rapport de force.

Lors de négociations, la stratégie russe consiste bien souvent à s’imposer avec force, à menacer ou à utiliser tout autre stratagème, ce qui n’induit pas pour autant que un passage à l’acte soit automatique.
 

En tant qu’Européens, nous n’avons pas les mêmes références et le spectre de l’ancienne Union Soviétique biaise notre regard d’occidental.

Quand, nous, nous voyons une menace réelle, un Russe, lui, y voit une stratégie de négociation.
 

Poutine ne peut pas et ne veut pas revenir en arrière. Il cherche à défendre ses intérêts économiques et met la pression pour remporter une contrepartie dans la discussion.
 

Ces mots sont l’expression d’une vision différente de la nôtre. La notion de menace n’a pas le même sens.

Chaque culture a ses propres valeurs qui influencent les mentalités, les comportements mais aussi les stratégies comme les jeux : les échecs en Russie, le jeu de Go en Chine, la belotte en France...
 

En utilisant une grille de lecture interculturelle, nous pouvons décoder les comportements, percevoir ce qui se cache derrière les discours, en évaluer les conséquences et anticiper les actions à venir. 
 

Souvent nous ne voyons que le haut de l’iceberg et nous interprétons selon notre propre cadre de références.

Chercher à voir la partie immergée de l'autre culture apporte un éclairage différent.

Cela permet de prendre du recul sur le discours de l'autre et de mieux le comprendre en prenant en compte des éléments clés de sa culture.
   

Iceberg de Kohls - Graphisme Akteos
Iceberg de Kohls

Conférence de presse de Poutine

4 mars 2014

Conférence de presse de Poutine, 4 mars 2014

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