Extrême-Orient : globalisation des cultures ou adaptation de surface ?

Extrême-Orient : globalisation des cultures ou adaptation de surface ?
©SeanPavone / Fotolia.com

Quand on regarde l'extrémité du continent asiatique, qu’aperçoit-on ? 
Des pays qui se modernisent, des populations qui fréquentent les night-clubs et les Mac Do, qui aspirent aux modèles occidentaux.
Mais faut-il en déduire que ces populations rejettent leurs valeurs traditionnelles ? Ou bien s’agit-il d’une adaptation de façade, apte à tromper l’étranger trop prompt aux conclusions rapides ? 


Les métropoles, Shanghai, Tokyo, Séoul ou Pékin ressemblent aux autres métropoles mondiales.
Elles offrent les dernières technologies, les mêmes hôtels 5 étoiles, les mêmes réseaux de télécommunications permettant de joindre en un clic le reste du monde.
Au-delà d’une simple modernisation de l’environnement, il s’agit bien de changements alimentaires, vestimentaires, comportementaux. 

 

Toutefois, n'importe quel occidental travaillant dans l'une de ces mégapoles réalise vite que Séoul, Pékin ou Tokyo ne sont pas Paris, Berlin, Londres ou New York.
Modernisation n'est pas occidentalisation. Et il s’agit encore moins d’un assujettissement aux valeurs occidentales.

 

Le réveil des maîtres à penser


A Singapour, au début des années 1980, Lee Kuan-yew décida d'injecter des valeurs asiatiques dans le cursus scolaire comme moyen de contrer l'emprise culturelle de l'occident sur les jeunes.
L'influence majeure est bien évidemment le confucianisme. "Un gouvernement pour et par l'homme dans un système de valeurs humaines", répètent les Confucéens.
 

En Corée, au milieu des années 1990, 'la génération des Oranges' a dilapidé des fortunes amassées par les parents dans la spéculation immobilière des années 1980. En 1999, la 'génération des X' heureuse de consommer, assouplit les vieilles rigidités de la Corée, toutefois "Fais ce que tu veux mais respecte tes parents", disaient-ils.
 

Et la Chine ? Pourquoi ce pays qui avait, en chemin, mis de côté les vieilles traditions confucéennes, organise-t-elle tant de séminaires concernant le maître? Pourquoi des professeurs d'université inondent le pays de livres et de conférences sur Confucius ? Parce que "les Chinois veulent se réapproprier la pensée du maître" assènent les intellectuels de ce pays. 
 

La libéralisation de l'ère Deng Xiao-ping a jeté aux oubliettes les valeurs marxiste-léninistes. Et comment les remplacer sinon en réactivant les vieux mécanismes du confucianisme. Ceux qui ont permis aux pays voisins de s'aventurer hors de leurs frontières et de prendre place au milieu des grandes puissances.
 

Le Japon, lui, a sécrété des approches de protection. Le célèbre "consensus à la japonaise" qui lie l'entreprise et l'employé dans un contrat moral. Et même si les récentes crises l’ont ébranlé, il reste profondément ancré dans la psyché nippone. Hiérarchie et communauté restent des valeurs profondément ancrées dans la culture japonaise – et coréenne.

 

Des valeurs éprouvées mises au service de l’état-nation


Le confucianisme organise en fait les relations sociales. Et c'est une idée fausse que de penser que la famille en est le pilier. C'est en réalité une mise en forme des relations sociales venue d’en haut, transmise par une élite organisée au sein d’un État.
 

Les pays autoritaires comme la Chine et la Corée confrontés à un développement économique trop rapide récupèrent ces valeurs confucéennes garantes de stabilité, et d´ordre social.
 

Ces peuples savent que c’est cet esprit national qui leur permet d'entrer dans le monde moderne à « grande vitesse ». Et que magnifier leur culture nationale est la condition pour le conserver. Ils valorisent donc leur histoire, leur culture traditionnelle et sont soucieux de ne pas rejeter leurs différences.
 

Allons plus loin, non seulement il n'y a pas rejet, mais plutôt double jeu !

 

Occidentaux : quelle attitude adopter ?


Les échecs des professionnels occidentaux sont rarement dus à un manque de compétences. Mais souvent à un manque de connaissances profondes des modes de fonctionnements de l'autre. Une ignorance que les Extrême-orientaux ne manquent pas de nous rappeler, parfois sèchement.
 

En effet, pour eux, la première règle est d'identifier où l'on "est".
Or, maintenant que l’occident a redécouvert ce monde, il doit le comprendre en l’identifiant réellement. La connaissance à intégrer consiste plus, ici, dans le développement d'une aptitude individuelle que dans l'acquisition d'un contenu collectif.

Article proposé par Josiane Cauquelin

Josiane Cauquelin, Consultante Asie Akteos

Josiane CAUQUELIN, de nationalité française, est chercheur au CNRS et consultante Akteos pour l'Asie.

Elle a développé une expertise sur la pensée asiatique, et en particulier sur les méthodes de management et la géopolitique des mondes chinois et thaï, tout en poursuivant ses activités de recherche universitaire en France et en Asie depuis 40 ans.

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