De la France au Canada : un saut quantique par le Québec

Article de Johanne St-Onge, Présidente du Cabinet de Conseil RHRE, Montréal - Mai 2015


Effectivement on parle français au Québec. Pour ceux ayant voyagé à travers les pays de la francophonie, le français québécois donne le ton à la multitude d’accents à découvrir et parfois plus difficiles à décoder. Avouons que le référentiel de la langue française parlée possède un large spectre. De Douala à Marseille, de Port au Prince à Montréal… les tonalités et les expressions sont colorées et diversifiées reflétant les identités des uns et des autres.

Si deux pays, tant éloignés par un océan, parlent la même langue, la communication semble, à première vue, plus facile et les différences culturelles amoindries. Les gens d’affaires expérimentés d’origine française et québécoise vous diront qu’il ne faut cependant pas sous-estimer les différences culturelles. Au-delà d’une base linguistique commune, elles sont bien réelles.
Y être préparé et en avoir conscience permettront d’éviter de tomber dans les pièges de cette relative proximité. De l’avis de Monsieur Clémence, importateur-exportateur, il est préférable « de ne pas arriver en aventurier ».


Une étude d’HEC Montréal sur « Les P.M.E. québécoises sur les marchés américain et français, le choc culturel1 » a fait ressortir que certaines entreprises ont encaissé des pertes par manque de préparation aux différences culturelles entre la France et l’Amérique et notamment le Québec. Au-delà des ressemblances de surface parfois trop rassurantes, qu’en est-il réellement de ces différences culturelles ?

 

« Ils parlent français mais agissent à l’américaine »


« Ils parlent français mais agissent à l’américaine »
vous diront certains. En effet, le Québec transige et évolue au rythme de l’Amérique du Nord. Et cette région partage en même temps des us et coutumes de la culture anglo-saxonne avec les autres provinces du Canada tout en ayant une profonde relation historique avec la France, d’où la spécificité du bilinguisme.


L’Européen sera parfois dérouté face au français parlé du Québécois, choqué voire même parfois offusqué par le tutoiement. Dans les rencontres d’affaires ou dans la rue, le langage direct inspiré de la culture américaine est souvent privilégié.


Dans le monde professionnel, les relations avec la hiérarchie seront teintées par une proximité sans trop de protocole. Vous rencontrerez fréquemment le patron sur le terrain à résoudre les problèmes avec son personnel alors que la gestion des réunions suivra respectueusement l’ordre du jour ainsi que le temps alloué aux interventions de chacun. Concernant les communications, plusieurs ont appris à leur dépend qu’il valait mieux utiliser un ton modéré pour faire passer les messages.

Des ressemblances pas si ressemblantes

Parfois considéré comme l’El Dorado de l’emploi avec un taux de chômage global de 7,4 % pour la province du Québec2, il vaut mieux prendre en garde le mythe du plein emploi, en particulier dans la région de Montréal.


Le candidat européen de langue française devra prendre en considération plusieurs facteurs pour réussir sa mission d’affaires ou son projet d’immigration au Québec. Par exemple, les processus de reconnaissance des diplômes et l’accès aux ordres professionnels relèvent pour beaucoup d’entre eux, du parcours du combattant.


Autre détail si vous y partez en expatriation, les frais de scolarité des enfants, bien que parmi les plus bas en Amérique du Nord, peuvent s’avérer onéreux. Aussi le système de santé, les régimes de taxation et les conditions de travail diffèrent passablement de celles de l’Europe.

 

Quelques conseils pour réussir son expérience dans la Belle Province

Le cabinet de conseil RHRE, partenaire d’Akteos à Montréal, donne quelques clés issues de sa méthode COS pour acquérir des attitudes et des comportements favorisant la compréhension des différences culturelles.

C pour curiosité, connaître, comprendre : Poser des questions avant d’affirmer vous préservera des faux pas en contexte interculturel. Démontrer son intérêt pour la culture locale a toujours un effet positif chez votre interlocuteur, peu importe le pays. Certains comportements peuvent nous apparaître « bizarres » dans un contexte et tout à fait à propos dans un autre.

O pour ouverture, opportunité, observation : Celui qui change de pays doit s’attendre à faire les choses différemment. Comme cet homme d’affaires qui après plus de vingt ans d’échange avec le Québec est convaincu que cette remise en question permanente le rend plus performant dans ses relations d’affaires.

S pour souplesse, sensibilité, s’exprimer : Le gouvernement canadien a développé le modèle PEI, la personne efficace sur le plan interculturel. Parmi les neuf compétences identifiées, il y a la capacité d’adaptation de l’individu. La communication demeure un atout important du succès entre les personnes de cultures différentes.

 

D’autres vous parleront de la gestion du temps « time is money », expression qui module les heures des rendez-vous et le respect des échéanciers. Ne soyez pas surpris si les grands noms de la France ne sont pas ou peu connus sur les rives du St-Laurent. Parfois le Québécois se sent très confortable dans sa « bulle » nord-américaine et n’éprouve pas le besoin de connaître ce qui se passe à l’extérieur des frontières.

 

En résumé, le mix culturel entre l’Amérique du Nord et la France retrouvé dans la Province du Québec convient au français qui « recherche l’American way of life », mentionne Mr Jurado, Directeur chez Fatton.

 


1. Par Jean-Pierre Dupuis, Professeur titulaire à HEC Montréal et Geneviève Dugré, Analyste chez SECOR Conseil

2. Chiffre de mars 2015

Johanne ST-ONGE

Pascal Baudry, Consultant Etats-Unis Akteos

Johanne St-Onge agit à titre de consultante internationale depuis 2002. Elle contribue à l'implantation de stratégies et de pratiques gagnantes en matière de gestion des ressources humaines dans les organisations publiques et privées au Québec, au Maghreb, en République Démocratique du Congo et en Haïti. 
Diplômée en orientation professionnelle et en administration de l'Université de Sherbrooke, formatrice et conférencière, elle a publié différents articles sur le sujet. 
Présidente du Cabinet Conseil RHRE, elle partage sa passion du management interculturel avec des dirigeants, des gestionnaires et des professionnels des quatre coins du monde.

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