3 approches du management en Afrique

3 approches du management en Afrique - Ewalde Mutabazi pour Akteos
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Par Evalde MUTABAZI,
professeur à l'EM Lyon

Conseil et Coach de Dirigeants et Cadres en Afrique et en Europe

 

Les pratiques de management
souvent mises en œuvre en Afrique
(comme dans d’autres régions
du monde) s’inspirent de
3 approches différentes de
la diversité des cultures et de
modèles de vie et de gestion des entreprises.
 

Au-delà des termes que nous allons utiliser pour les désigner, le choix
de l’une ou de l’autre approche relève
d’une épistémologie spécifique que
nous allons tenter de clarifier en quelques mots.
 

L’approche monoculturelle

Très souvent privilégiée en Afrique, cette approche consiste à ne pas tenir compte des spécificités culturelles africaines.
 

Depuis la mise en place des administrations centrales (époque coloniale), les entreprises occidentales ont eu largement recours à cette approche jusqu’à la fin des années 70.

Elle repose sur l’idée que ces pays, n’ayant aucune expérience de l’industrie voire de l'économie moderne, leurs ressortissants n’avaient aucune conception de l’organisation ni du management.
 

Cette méconnaissance de l’histoire africaine et des caractéristiques sociologiques, culturelles et politiques  des communautés locales s’est traduite par l’imposition des modèles importés au détriment des systèmes de valeurs et des savoir-faire locaux ; qui pourtant étaient quelquefois bien en avance en matière de gestion des rapports collectifs de travail et de management des équipes.
 

Dans le cadre de cette approche monoculturelle, les managers mettent en place les outils et méthodes d’organisation du travail, d’animation de équipes ou de motivation des  personnes comme s’ils les posaient sur une table rase, ou comme si les communautés africaines avaient vécu jusqu’à ce jour sans développer aucun savoir faire dans ces domaines.
 

Alors que les modes de gestion actuels de certains managers s’appuient encore sur cette approche, le  discours officiel fait aujourd’hui une large place à la valorisation des ressources locales et des compétences puisées dans les pays d’implantation.

Autrement dit, au niveau des entreprises, l’approche monoculturelle reste assez présente dans la mentalité de nombreux managers, qu’ils soient expatriés ou locaux. L’obligation de recourir à une gestion parcimonieuse de ressources rares les conduit souvent à aller très vite en besogne et à mettre en place des pratiques de management quelquefois trop décalées des réalités locales, des approches trop pressées dans lesquelles  toute la place est laissée à la seule rationalité qu’ils connaissent au détriment des savoir-faire et des approches plus adaptées aux cultures et aux contextes économiques et culturels locaux.
 

L’approche monoculturelle laisse ainsi libre cours aux problèmes d’incompréhension mutuelle entre expatriés et locaux, à l’absence d’adhésion aux objectifs des entreprises, considérées encore dans de nombreux pays africains, comme des « affaires de Blancs ou de l’Etat ».
 

L’approche multiculturelle

Face aux dysfonctionnements ainsi crées, l’approche multiculturelle tend à sauvegarder - mais en les juxtaposant - les différentes cultures présentes au sein d’une même entreprise ou d’un même pays.

Dès lors, les relations de travail se caractérisent par l’indifférence, l’absence d’ouverture et d’empathie, la peur et le mépris, les complexes de supériorité et/ou d’infériorité développés par les uns vis à vis des autres, les blocages relationnels...
 

Dans ces conditions, certains managers jouent sur l’ethnicité et les différences claniques pour diviser le personnel de leur entreprise, en prétendant chercher à respecter l’organisation traditionnelle des communautés.

Les rapports entre les membres des équipes se caractérisent alors par l’absence d’authentiques échanges et d’interactions spontanées.
 

La polysémie des messages échangés, la pauvreté des réflexions, l’absence de confrontation d’idées et de visions partagées, le développement de projets égocentriques et peu mobilisateurs de toute l’équipe, paralysent progressivement les entreprises, entraînent progressivement des coûts cachés quelquefois exorbitants.
 

Les difficultés professionnelles et relationnelles qui résultent toujours de cette approche multiculturelle entraînent tôt ou tard des blocages relationnels et opérationnels et in fine l’échec des projets et la contre-performance des entreprises.
 

L'approche interculturelle

Cette approche suppose l’interaction entre les cultures différentes ou plus précisément entre les personnes qui les représentent au sein des entreprises.
 

Cette approche se situe donc au delà de la domination monoculturaliste et du compromis multiculturaliste, car au lieu de chercher à gommer les différences ou à les tolérer dans un « côte à côte » instrumental, l’approche interculturelle privilégie la recherche de synergies et de complémentarités  opérationnelles entre membres des équipes ressortissants de cultures différentes.

C’est une forme nouvelle de management dont l’enjeu majeur est de reconnaître, accepter et valoriser les différences culturelles présentes au sein d’une même organisation.
 

L’objectif est d’intégrer les valeurs et les règles sur lesquelles reposent ces différentes cultures dans le système de management pour faire mieux fonctionner une entreprise.
 

S’agissant des entreprises africaines, le management interculturel apparaît aujourd’hui comme une nécessité, même si sa mise en œuvre se heurte au marquage des mentalités par l’histoire des relations entre l’Afrique et certaines puissances.

Outre la reconnaissance des cultures différentes, une telle approche exige beaucoup de souplesse de la part des dirigeants et managers, une grande ouverture d'esprit, une capacité à remettre en cause leurs pratiques habituelles pour apprendre à apprendre des autres sans pour autant renier leurs propres cultures ni l’imposer aux partenaires issus de cultures différentes.
 

L’approche interculturelle implique la capacité à remettre en question des méthodes de gestion qui ont fait leurs preuves ailleurs, à s'ouvrir à d'autres modèles de management.
  
 

Akteos remercie chaleureusement Evalde MUTABAZI et vous invite à retrouver toutes les news interculturelles africaines sur www.mutabazi.com.

Evalde Mutabazi

Evalde MUTABAZI est professeur à l'EM Lyon, Conseiller et Coach de Dirigeants et Cadres en Afrique et en Europe.

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